les enfants de don quichotte, après l'appel de l'abbé pierre........50 ans de capitalisme.............combien de temps encore pour comprendre?

 Le tribunal de police de Paris a condamné l'association à 12.000 euros d'amende. Dans un autre jugement, le même tribunal a condamné l'association Les Enfants de Don Quichotte à la confiscation de 198 tentes.
Le tribunal de police de Paris a condamné lundi 24 novembre, le DAL à 12.000 euros d'amende pour avoir à plus de 300 reprises commis une infraction de 4e catégorie en ayant "embarrassé la voie publique en y laissant des objets", c'est à dire des tentes dans une rue de Paris.
Le ministère public avait requis 32.000 euros d'amende contre le Dal pour avoir installé du 3 octobre au 15 décembre 2007 un campement abritant des mal-logés rue de la Banque à Paris (IIe).
 
Une centaine de campements en 18 ans
 
Plusieurs dizaine de manifestants ont accompagné le porte-parole du Dal (Droit au Logement), Jean-Baptiste Eyraud, au tribunal pour prendre connaissance du jugement.
"C'est la première fois que l'association Dal est poursuivie bien qu'elle ait organisé une centaine de campements à Paris en 18 ans d'existence", a déclaré Baptiste Eyraud qui a rappelé que la levée du campement rue de la Banque s'était déroulée à la suite d'un accord, le 14 décembre, avec le gouvernement par lequel l'Etat s'engageait à reloger 374 familles mal logées dans un délai d'un an.
"Un an après, l'Etat poursuit le Dal et obtient une condamnation, cette décision est inacceptable, nous allons étudier les possibilités de recours, si nous pouvons faire appel, nous ferons appel, s'il faut aller en cassation, nous irons en cassation" a déclaré Baptiste Eyraud.
 
"Couler l'association"
 
"Faute d'avoir découragé les mal-logés par la répression policière, l'Etat tente aujourd'hui de couler financièrement l'association qui les a soutenus", a estimé le Dal dans un communiqué.
"Considérer aujourd'hui qu'une tente constitue un débarras sur la voie publique est une injure", s'est indigné Jean-Baptiste Eyraud, affirmant que l'article invoqué visait habituellement l'encombrement par des gravats ou des détritus.
"Cette décision aura pour conséquence de pouvoir s'appliquer à l'ensemble des mal-logés qui sont dans la rue", a-t-il déploré, ajoutant que le Dal exercerait tous les recours juridiques possibles.
 
Les Enfants de Don Quichotte condamnés
 
Le même tribunal a également condamné, moins sévèrement, l'association Les Enfants de Don Quichotte à la confiscation de 198 tentes installées illégalement il y a près d'un an près de la Seine, a annoncé à l'AFP Jean-Baptiste Legrand, président de l'association.
En revanche, le tribunal n'a pas suivi la demande du procureur qui avait requis une amende 1.875 euros.
Le 15 décembre 2007, Les Enfants de Don Quichotte avaient installé près de deux cents tentes pour loger des sans-abri, le long de la Seine près de Notre-Dame. Celles-ci avaient ensuite été enlevées par les forces de l'ordre.
 
"Deux poids, deux mesures" pour des faits similaires
 
S'agissant de la différence avec la sanction infligée aux Don Quichotte, "la juge a considéré qu'il y avait de bonnes et de mauvaises associations", a commenté Jean-Baptiste Eyraud. Jean-Baptiste Legrand s'est également étonné de ce "deux poids, deux mesures" pour des faits similaires, ajoutant que la juge avait considéré à l'audience que les deux affaires étaient très différentes.
Interrogé sur un éventuel appel de la décision, Jean-Baptiste Legrand a précisé que les Don Quichotte l'examineraient en détail avant de se prononcer, affirmant : "S'ils font ça pour diviser les associations, on fera appel par solidarité avec le Dal".
 
Une action prévue pour le 14 décembre
 
Jean-Baptiste Eyraud a annoncé une action du Dal le 14 décembre, date anniversaire de l'accord sur la rue de la Banque, alors qu'"un an après un tiers des familles seulement sont relogées".
En outre, "le 1er décembre des dizaines de familles vont déposer des demandes en vertu du droit au logement opposable", a-t-il dit, en référence à la date à laquelle les personnes non relogées et dont la situation aurait été reconnue "prioritaire" et "urgente" pourront attaquer l'Etat devant le tribunal administratif.
http://tempsreel.nouvelobs.com/act [...] s_la_.html

 

C'est déjà une séquence médiatique, des années avant le tout-télé. Ce 1er février 1954, une voix sortie de Radio Luxembourg prend la France au coeur : «Mes amis, au secours! Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait expulsée.» Henri Grouès, 42 ans, dit l'abbé Pierre, vient d'entrer dans l'histoire. On meurt dans les rues cet hiver-là, les canalisations gèlent, des enfants naissent dans des cabanes de fortune, par des froids de -10 degrés... La France de 1954, où les sans-logis se comptent par dizaines de milliers, et les HLM font figure de paradis pour les habitants des bidonvilles, est à des années-lumière de notre réalité. La pauvreté y est palpable, quotidienne, tragique. Mais l'abbé Pierre est une figure étonnamment moderne, un précurseur des militants d'aujourd'hui.
Ce prêtre engagé dans la Résistance, député chrétien-démocrate à la Libération, a renoncé à la politique pour ce qu'on appellerait aujourd'hui la société civile et l'action humanitaire. Ses « chiffonniers d'Emmaüs », créés en 1949, tentent de venir à l'aide aux sans-abri. Son action souligne, en creux, l'impuissance de l'Etat et l'incapacité du grand « ministère de la reconstruction urbaine » à juguler la crise. Et son appel de février 1954, plus encore qu'une «insurrection de la bonté», est un appel aux citoyens pour résoudre eux-mêmes le problème : «Chacun de nous peut venir en aide aux sans-abri. Il nous faut, pour ce soir et au plus tard pour demain, 5 000 couvertures, 300 grandes tentes américaines, 200 poêles catalytiques. Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l'asphalte ou sur les quais de Paris.» L'appel fait exploser le standard de la station. Les dons affluent. Les actualités cinématographiques montrent l'abbé Pierre réceptionnant couvertures et matelas devant le Panthéon. Les caméras s'attardent sur les bons samaritains d'un soir, des gens simples, capables, moins de quinze ans après l'exode de 1940, de s'identifier aux réfugiés de la pauvreté. C'est un instant de communion que chaque mouvement, ensuite, tentera de retrouver, et que les politiques essaieront de satisfaire. Mais il faudra plus de vingt ans pour que les grands bidonvilles soient éradiqués.
En février 2004, cinquante ans après, l'abbé Pierre, devenu compagnon de route des jeunes gens de Droit au Logement, invitera la France à retrouver cet élan oublié. «Malheur à nous, les gens heureux», lancera-t-il, pensant aux 3,7 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Mais cet appel-là ne rencontrera que l'indifférence. Les Enfants de Don Quichotte sont une revanche du vieil abbé.

 

Claude Askolovitch
Le Nouvel Observateur

 

 

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